Pas de tricot, couture, shopping de Noël aujourd'hui.
Le très joli n°2 de Toc-Toc reçu hier, comme le gros pull rose sur mes aiguilles, j'en parlerai plus tard.

Il y a plus urgent.

Déjà, quand mon fils (de 18 ans) a fait sa journée d'appel il y a quelques mois, j'ai eu un mauvais feeling... Déjà, parce qu'il m'a décrit sa journée comme une grosse opération de marketing. Bon, admettons...

Mais il a été particulièrement étonné par l'insistance des encadrants à vouloir recruter les jeunes sans qualification, sortis de l'école...

Sachant que le gouvernement taille à la hache dans tous les secteurs publics (y compris l'hôpital et l'école, et même l'armée de métier) on peut se poser des questions.

Ecole sabrée, chômage en hausse pour les jeunes non diplômés, à qui l'armée de terre ouvre les bras (cf le clip au look jeu vidéo qui sévissait dernièrement à la télé...).
En t
emps de paix, l'armée, ça peut être "un métier d'avenir"... pourquoi pas?
Mais imagine... fin 2011... quelques attentats sur le sol français... et un conflit "obligé", en représailles, loin... une angoisse partagée, une classe politique obligée de se rassembler, au nom de la "dignité" et de la "responsabilité", un président de la république "courageux", qui va tous nous sauver.
les jeunes des cités envoyés se faire canarder sur le front...qui gagneront leur statut de "vrais français" à l'occasion d'obsèques médiatisées où, de racailles (vivantes) ils deviendront héros (morts).
J'espère que, dans 2 ans, quelqu'un pourra me remettre ce post sous le nez en me prouvant que j'ai eu tort, que je suis une grosse paranio.
Vraiment, je l'espère...

Formation des professeurs : témoignage d’un stagiaire en colère, L’Humanité, 13 décembre 2010

mardi 14 décembre 2010, par Martine

Témoignage d’un(e) stagiaire de Bordeaux racontant sa journée de formation interdisciplinaire du vendredi 3 décembre 2010

Pour lire cet article sur le site de l’Humanité

"Je me permets de vous envoyer ce mail car je voudrais témoigner directement de ce que vivent les professeurs stagiaires lors de leurs formations organisées par le corps d’inspection.

Lors de la réunion de « formation » du vendredi 3 décembre, qui s’est tenue au lycée Gustave Eiffel à Bordeaux, les professeurs stagiaires ont été conviés à suivre un cours magistral de 9h30 à 12h30. Les interventions successives n’ont répondu en rien à nos demandes les plus pressantes et à nos inquiétudes.

La première traitait de l’organisation interne d’un rectorat, avec toutes ses strates de responsabilités, la seconde expliquait avec un tableau obsolète comment les IPR décident d’une note pédagogique lors de leurs visites etc… A la fin de la troisième intervention détaillant les droits et devoirs du fonctionnaire, un responsable des ressources humaines nous a rappelé que nous « devions » 35 heures par semaine à l’Etat et que nous n’étions pas une profession libérale et que nous dépendions d’une hiérarchie structurée. Inutile de vous préciser que beaucoup d’entre nous ont très mal apprécié ce « petit rappel » qui, en plus de résulter d’un postulat douteux, prouve encore une fois (et c’est peut être le plus grave)que les autorités sont bien loin de la réalité de ce que vivent les professeurs stagiaires ! D’ailleurs à la fin de l’intervention, un collègue a posé la question suivante : « tout ce que vous nous dites est certes intéressant et je suis d’accord qu’en tant que fonctionnaire, nous nous devons de connaître le fonctionnement de notre institution mais qu’en est-il de notre droit à la formation disciplinaire ? Nous n’avons encore eu à ce jour aucune formation ! » A cette invective fortement applaudie par tous, une inspectrice a pris la parole et a répondu : « Il faut savoir qu’il est du devoir de tout enseignant de s’autoformer et les tuteurs sont aussi là pour vous aider… ».

Pour la matinée de ce vendredi 3 décembre je regrette tout simplement que le contenu de la formation soit non pertinent par rapport à nos nombreuses attentes. Ce problème de formation des profs stagiaires est un problème maintenant connu et je n’aurais pas pris la peine de vous écrire pour quelque chose que vous connaissez déjà. En fait, je voudrais surtout vous rendre compte de ce qui s’est passé l’après midi de cette « formation ».

A notre grande surprise, à 14h, lorsque la réunion a repris, nous avons vu se succéder à la tribune deux militaires, un major et un colonel (si je me souviens bien) accompagné d’un IPR d’histoire géographie et d’un professeur agrégé d’histoire, commandant de réserve. Les thèmes abordés ont été alors plus exotiques les uns que les autres, « l’enseignement de la défense », « la défense aujourd’hui : nouvelles menaces, nouvelles configurations, les enjeux », « un exemple de partenariat Défense/lycée », « le recensement et la JAPD etc. Tous ces thèmes ont été servis avec une sauce idéologique particulièrement intéressante : « Grâce à dieu, grâce à dieu, grâce à dieu nous connaissons la paix en Europe depuis plus de 60 ans ». « La paix a été préservée grâce à la bombe nucléaire » etc… Nous avons aussi été incités à orienter nos élèves en difficulté vers des carrières militaires !! Tout ça avec en arrière plan des images de jeunes militaires avec des armes à la main en exercice de tirs etc… Nous avons été plusieurs à nous demander si ce n’était pas une mauvaise blague avec une caméra cachée…

Evidemment beaucoup de nos collègues furieux que l’on se moque de leurs préoccupations quotidiennes (apprendre à construire des séquences de cours ou évaluer les élèves par exemple) ont déjà commencé à quitter massivement les lieux… l’IPR, irrité, alors lâche quelques remarques injurieuses allant jusqu’à remettre en doute notre posture professionnelle. Peut être aurait-il dû se féliciter d’avoir devant lui des enseignants avec un esprit critique !

La fin de la séance a été épique, l’IPR nous a interpelés en nous interpellant : "Bon… nous sommes en retard mais … A qui la faute ?" … Il a ensuite apostrophé une professeur stagiaire qui était en train de se diriger vers la sortie et lui a dit « Mademoiselle, vous n’avez pas le droit de quitter la salle, vous êtes payée pour suivre ces formations »… A la professeur stagiaire de lui rétorquer courageusement « j’ai un train à prendre, il est 16h 31 et je ne suis payée que jusqu’à 16h30 ».

Face à l’hostilité généralisée et réciproque, beaucoup ont quitté la salle. Le commandant de réserve, visiblement en colère se permet une comparaison hasardeuse : « En salle des profs, on entend des conversations d’intellectuels qui ne servent à rien alors que nous dans l’armée on est dans l’action pour la nation » et enfin, un autre gradé de l’armée prend la suite en affirmant de manière décomplexée qu’il n’y a pas de déontologie dans l’éducation nationale !

Pour conclure, nous nous sommes tous sentis insultés tant par le choix des thèmes abordés qui témoignent d’une ignorance totale de nos problèmes quotidiens que par des propos inacceptables à notre égard et sur l’ensemble de la profession que, quelque part nous représentions ce jour là. J’attends une réponse des autorités compétentes.

Une stagiaire en colère"